13.05.2007
La question de la semaine
Dimanche matin. Chez mon boulanger.
- Bonjour, une baguette s’il vous plait ?
- Une demie ?
« Putain connard, c’est marqué sur ma gueule que je vis seul, hein ? c’est ça que tu te dis ? »
Je me saisis du couteau à pain, et appose la lame sous son gras du cou.
- Ecoute-moi bien enculé, je vais pas t’acheter une baguette mais quatre ! tu m’entends ? quatre ! Et tu vas me mettre aussi 2 pochettes surprises, une bleue et une rose pour mes deux mômes. Comment ? ....OUI j’ai des gosses ! J’ai pas le droit ? j’ai pas la tête de l’emploi, c’est ça ? TU ME FAIS UN DELIT DE GUEULE SEULE, c’est ça ? bah non, ch’uis marié moi, j’ai 2 mômes, quand je vais rentré d’taleure je vais dire « chérie les enfants c’est moi… »…
Ma voix et ma main se mettent à trembler. Le couteau tombe. Mon boulanger tunisien souffle… et je me met à sangloter dans ses bras. Généreusement , il me prépare un café et on commence à parler : il me parle de sa famille, de sa femme et de ses 2 enfants. Puis me confie doucement au creux de l’oreille qu’il est parfois nostalgique de l’époque où il s’achetait une demie baguette… Et on se met à rire.
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07.05.2007
Page 56 : Définition
Depuis ce rendez-vous, j'ai appris une nouvelle définition.
Arrivé un brin à la bourre à mon daite avec la fille née en 86. Elle est à table devant un café. Ce qui devait être un déjeuner se transformera en un "verre à boire" : Mademoiselle "ne peut rien avaler". Tout un programme ! On papote bien. Je suis plus détendu. ça roule. Je suis rentre-dedans. caustique. à l'écoute. à l'attaque. Jusqu'au moment, où elle veut me demander un truc, "mais après ce que tu m'as dit, ça risque de te fâcher"... dit-elle avec la naiveté faussement joué (les mains jointes par les doigts, la mine un brin génée) mais avec la volonté d'aller jusqu'au bout sans trop me froisser ! Oh le suspens ! Apprenti - comédienne la fille, n'oublions pas !
"Est - ce que tu pourrais me filer le numéro de ton pote ? j'ai quelque chose à lui demander, il m'avait passé son numéro de téléphone pendant la soirée mais je l'ai perdu..."
Ma main droite me démangeait autant que les poils de mon pubis.
Je lui ai filé mine de rien. Et devant ma tronche de 4m de long, elle ne trouvait rien de mieux que d'ajouter:
"t'es faché ?... j'aurais pas dû te demander, désolé ! ... ch'uis vraiment un peu salope des fois !"
A chaque phrase, j'avais trés envie d'être à l'autre bout du monde, tiens même dans une cellule d'une prison bolivienne avec T-Bag; ça m'aurait pas déranger.
On s'est quitté. Poliement. Faussement. J'ai même eu droit quelques heures plus tard au sms "ça va ?". Le fameux "ça va ?" de salope !
Oui ce vendredi là, j'ai eu la bonne définition de l'expression "se faire prendre pour un con". Et le pire dans tout ça, c'est que je risque encore de l'oublier.
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27.04.2007
Page 55 : Au poil !
J'ai rendez-vous dans quelques heures avec la fille née en 86. Le deuxième en fait. Le premier était "sympa", mais bon c'était on va dire vraiment la première fois où on se parlait, du moins où je me souvenais le lendemain de ce que nous avions échangé. Ce daite sans alcool n'a pas été à mon avantage. Elle monopolisait la parole, parlait d'elle et encore d'elle. J'écoutais silencieusement. c'était pas déplaisant. J'aime pas parlé de moi... A l'oral. Enfin je crois.
C'est une fille trés tactile, ce qui me génait et me rendait un peu nerveux, ne sachant pas quoi faire de mes deux bouts de bras à chaque fois. Je me souvenais qu'elle avait chez elle une guitare complètement désaccordée. Possédant un vieil accordeur dont je me sers plus, je me suis dit que ce serait une délicate attention de lui donner. Elle fut ravie. Mais elle ne savait comment ce machin marchait. Nous nous baladions sur petit bout trottoire, elle, accrochée à ma taille et à mon bras, sa tête par dessus mon épaule, moi lui expliquant le fonctionnement de l'appareil. Imperturbable. Mon oeil ! On aurait dit une imitation de la pochette The freeweelhin' Bob Dylan... On s'est quitté dans une rame de métro, J'avais envie de l'embrasser. On s'est fait la bise.
J'ai quinze ans quand je descend de la rame. Je boude, je shoote dans des canettes, n'est plus qu'une envie : boire. Je finirais comme un déchet humain contre le comptoire d'un bar, avec pourtant une jolie fille, une belge, qui voulait bien me parler. Tellement saoul que je ne lui ai pas pris son numéro de téléphone. Goodbye Anna.
Bref, dans une heure, je revois la fille née en 86. Pourquoi ? Je sais pas. Sait-on jamais. Cherche-t-elle à se faire à se faire courir après. A se faire séduire. Pourquoi moi. Je ne suis pas le meilleur cheval. Je suis sur que cette nana est courtisée par des mecs bien plus interessants que moi. Bien plus beau. Bien plus classe. Bien plus partout. Enculés !
A une heure de ce rendez-vous, je ne sais pas pourquoi, mais je décide de me couper les poils de ma bite. Ce qui me fait marrer au moment de me désépaissir la touffe, mais moins quand je suis dans le metro et que je suis pris d'une forte envie de ma gratter le pubis... Putain mais faut vraiment être con pour se faire un raffaichissement du frisé avant d'aller voir une fille. Et ça me chauffe, et ça me chauffe... oh putain comment je vais lui cacher ça ?
17:33 Publié dans Chapitre 7 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : loser, loose, journal intime, poil
24.04.2007
Page 54 : Reprise
Of all the love I have won or have lost
there is one love I should never have crossed
She was a girl in a million, my friend
I should have known she would win in the end
I'm a loser
And I lost someone who's near to me
I'm a loser
And I'm not what I appear to be
Although I laugh and I act like a clown
Beneath this mask I am wearing a frown
My tears are falling like rain from the sky
Is it for her or myself that I cry
What have I done to deserve such a fate
I realize I have left it too late
And so it's true, pride comes before a fall
I'm telling you so that you won't lose all
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19.04.2007
Page 53 : Droit de réponse
Rewind. Dimanche Soir. 7h35 après reception du sms.
Le problème quand on reçoit ce genre de texto... c'est comment réagir ? A part plonger le nez dans l'alcool...
Déjà faut que je réponde par sms. Pas d'appel. Surtout pas.Pas le toutou à sa mémère, moi. Non. Un truc entre insolence et jemenfoutisme mais tout en sachant ce je veux!
Sms à plat ventre :
« oui je comprends et tu as bien raison et surtout je ne t'en veux absolument pas. j'en aurais fait autant ;-) A+ »
Sms gueule de bois :
« Koi ? kompren pa ? Vous êtes qui d'abord ? »
Sms Gamin :
« Toi-même ! »
Sms gainsbourgeois :
« Rien tenter ? moi non plus »
Sms qui va un peu vite en besogne :
« Si je comprends bien, tu fais une croix sur tout ce qu'on a vécu. Je te préviens, je ne te rendrai jamais tes 2 clopes ! »
Sms qui tombe sous le sens :
« Tu me prendrais pas un peu pour un con, « SI je te demande de rien tenter avec moi », t'as pas un peu l'impression de déjà demander là ! Tu crois que je vais répondre : « Non ne me demande pas , je t'en voudrais à mort, continuons comme si de rien n'était ! » »
Finalement j'ai opté pour
« Tu comprends si je t'invite juste boire un café ou tu m'en veux ? »
Quelques minutes plus tard, vibration de mon téléphone, le message s'affiche froidement :
« je comprends. Appelons nous. Des baisers. »
ah bah voilà.
Mardi, je l'ai donc rappelé. Répondeur. Aïe ! Ch'uis nul en répondeur. je laisse un message. Ton d'outre tombe ! Message minable. prestation de merde ! On aurait dit que je récitais une oraison funèbre ... Je raccroche. Je me dis qu'elle a dû voir mon nom s'afficher sur son téléphone, et reglisser dé-li-ca-te-ment ce dernier dans son sac. Limite jeter le portable au fond de la pièce. Je fais les 100 pas. Je relis Guerre et paix en mangeant une boite de mikado. Soudain, elle se décide à rappeler "dis donc t'as l'air déprimé sur ton message... "
- euh bah beuh oui beutetre. désolé, j'arrive jamais à mettre de la gaité et de la bonne humeur dans mes messages...
Elle a rigolé. ça m'a rassuré.
Je la vois vendredi. Normalement. Sobrement aussi. Et promis pas de rigole de pisse sur ses ballerines vertes !
22:55 Publié dans Chapitre 7 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lose, looser, journal intime
18.04.2007
Page 52 : BOOMTOWN
Point de vue de mon pote qui m'a ramené à la soirée où j'ai rencontré la fille née en 86.
« Belle démonstration de drague, de séduction, de dom juanisme. Je ne sais pas ce qui l'a faite craquer, la fille née en 86 ? quand tu as uriné sur le coté de son immeuble avec la rigole de pisse qui arrivait sur nous, ou bien quand tu crachais les nougats chinois que des personnes avaient bien voulu nous offrir… »
En fait samedi, j'étais le gros boulet attaché à la micro cheville de cette nana. Ne sachant pas comment se débarrasser de moi, elle a pensé naïvement que je passais dans son appart' juste le temps d'une clope. « J'étais bourré, bourré d'bonnes intentions, comme roméo OHOH… » Je sais plus de quoi on a parlé. J'espère que je ne me suis pas lamenté sur mon sort… Et sur son palier, elle n'a même pas cherché à esquiver mes salves de baisers de mec saoul, lassée par ma conduite grossière ! « Plus vite je l'aurais embrassé, plus vite il sera parti », devait – elle se dire. LA HONTE LA HONTE LA HONTE…
Faut que j'aille me cacher quelque part. Tiens, dans un temple SHAOLIN ! Mais je crois que même là-bas, ils me diront « S'il vous plait , vous pouvez partir ... je suis prêt à vous embrasser si vous me jurez de vous en aller après ». rrrrooh La honte, la honte, la honte !
23:20 Publié dans Chapitre 7 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : loose, lose, journal intime
Le sms qui tue
Réveil très difficile dimanche. Mon avant-bras sent le renfermé et plus du tout l'odeur de …. Merde. J'ai de vague souvenirs … oh putain. J'ai un casque de plomb sur la tête. Mon téléphone sonne. Un pote qui a passé le même genre de soirée que moi, me propose qu'on se restaure dehors. On se rejoint pour manger un bout en terrasse du coté des Abbesses. Je lui raconte mon aventure de la veille. On se marre. Puis mon téléphone vibre ! la fille née en 86 m'envoie un sms… Tiens, je me dis, elle doit vouloir me remercier pour la bonne fin de soirée qu'elle a passé en ma compagnie. Mes yeux se penchent sur le message et je ne suis pas déçu :
« Tu comprends si je te demande de ne rien tenter avec moi ou tu m'en veux ? »
J'ai bu tout l'après – midi, du coup…
08:35 Publié dans Les phrases de la semaine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lose, loser, loose, journal intime, sms
16.04.2007
Page 51 : Quatre-vingt six
Samedi. Incrusté dans la soirée d'anniversaire d'un pote de pote.
Ambiance bon-enfant . Blagues potaches. Alcool fort.
Pleins de filles de 20 ans.
Toutes jolies et fraîches.
Je suis la pièce rapportée. L'invité de démarque. Celui qu'on ne remarque pas. Je brille dans l'ombre des autres personnes présentes dans la cuisine, dans le salon ou sur la terrasse. Ça parle radio, télé, cours florent.
Il y a une fille né en 86 qui porte une robe baigneuse à bretelles. Elle a de beaux cheveux blonds, une peau de pêche, des yeux tout verts et elle rit à gorge déployée aux blagues du mec qui m'a amené à cette soirée.
A un moment je me faufile dans les toilettes pour soulager une envie pressante. Le loquet est cassé. Tant pis. Je pisse. Bien sûr, la porte s'ouvre. Devinez qui c'est ? La fille né en 86 passe la tête, alors que j'ai le bout de machin en main. Referme. Réouvre cette satanée porte. M'engueule. Je l'engueule. Elle ne me croit pas pour le loquet. Nous rentrons tous les 2 dans les toilettes, elle constate avec gêne que je ne lui avait pas menti. Elle me demande alors de surveiller la porte. En bon gentleman, je tiens la poignée pendant que madame se soulage et j'essaye d'ouvrir… elle bloque avec son pied. Perdu un point à ce moment-là ! Elle n'aura de cesse de converser avec mon pote, discussion durant laquelle j'essayerai de m'immiscer… avec des hauts et des bas.
Mais j'ai un avantage. Mon pote a une copine. Et il doit aller dormir chez elle. Bientôt. Elle sera seul avec moi.
La soirée se termine. Nous partons. 4 gars et elle. Au fur et à mesure, ils quittent le Navire. Mon pote prend un taxi. Je fais mine de vouloir en prendre un également.
Je suis saoul comme un cochon. Seul avec elle. Je me pose aucune question. Bam ! j'essaye de l'emballer. Elle me rembarre. Gentiment. Veut arrêter un taxi pour me renvoyer chez moi. Je lui dis de rentrer chez elle. Elle veut me voir partir en taxi.
Je lui dis que je veux fumer une cigarette chez elle, j'en ai plus. Elle m'a fumé mes 2 dernières. Elle hésite. "TU viens mais après tu t'en vas." Pas de soucis. Le loup est dans la bergerie. Ou plutôt un espèce de dépotoir. Je crois que c'était ce bordel là, qu'elle essayait de m'éviter. Bref. On s'allume des clopiots. On parle. De je sais plus quoi. Elle se met de la crème sur les mains, et m'en met sur l'avant bras. C'est son odeur. Celle que j'hume avec ivresse depuis tout à l'heure. Mon avant bras sent comme elle.
Je ne sais pas combien de temps je passe dans cette appart'. Certainement très long pour elle. Plus court pour moi. "Les métros sont ouverts maintenant", m'indique-t-elle. Elle me raccompagne à la porte. Je l'embrasse. Elle ne me repousse pas. Elle veut me regarder descendre les escaliers. Je prétexte d'avoir oublier un truc chez elle, pour revenir me poser sur sa bouche. Ses lèvres sont douces. Son cou est doux et il sent bon.
Je pars en zig zaguant.
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12.04.2007
Page 50 : Carême
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07.03.2007
Page 49 : La brune à la robe grise
J'avais bien vu qu'il y avait une table remplie de filles. Mais j'ai pris pour mauvaise habitude de marcher la tête baissée, pensant que mon passage serait scruté, commenté, critiqué. Alors, je regarde mes pompes, l'air de rien. Comme le ferait n'importe quelle vedette célèbre ? Sauf que je ne suis pas vedette. Quand je rentre dans une pièce, personne ne lève la tête ou ne se retourne sur moi. Je suis l'homme invisible qui regarde ces pompes en somme ! Je suis donc passé à coté sans la voir. Puis au bar, elle et ses copines m'ont abordé en me félicitant pour ma grande prestation lors de ce blind test, mettant en avant à la fois mes connaissances et ma rapidité de réponse. J'essayais de trouver un truc (drôle) à dire. Rien ne venait. Alors j'ai fait la seule chose que je sais super bien faire. J'ai regardé mes pompes et j'ai disparu.
J'avais bien remarqué au moment où elles me parlaient que cette brune à la robe grise était très jolie ! Maigre, peau blanche, grande bouche, grands yeux noirs un peu typé Héléna Noguerra. Mais le plus incroyable, c'était le mécanisme de son sourire, une véritable orfèvrerie quand tout se mettait en marche ! Fascinant à regarder, je vous jure ! L'étirement de sa bouche vers ses oreilles, le creusement de fossettes dans ses joues, et le plissement de ses yeux laissant apparaître de petites rides au coin de son regard. Regard où l'on devinait une certaine mélancolie… mais tout cela reste pour moi un grand mystère. Puisque je l'ai vu de loin. Qu'un instant ! C'est quand elle est partie, que j'ai essayé de chercher à capter son attention. En vain. Elle regardait ses pompes.
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